
Mais pourquoi un cercle de 12 étoiles sur un fond bleu ?
Le drapeau bleu aux douze étoiles à cinq branches disposées en cercle fut d’abord adopté comme symbole par le Conseil de l’Europe le 8 novembre 1955. Cette origine est symbolique en soi car le Conseil de l’Europe fut créé pour défendre les droits de l’homme et promouvoir la culture européenne et ces valeurs se retrouvent dans le drapeau étoilé, aujourd’hui considéré comme un des symboles de l’Union Européenne. Le drapeau européen est donc avant tout le symbole de l’unité européenne et de ses valeurs.
En effet le bleu représente le ciel du monde occidental et les étoiles les peuples d’Europe. Le cercle d’étoiles dorées est un symbole de solidarité et d’harmonie entre les peuples d’Europe. C’est également un symbole d’ouverture vers l’extérieur (en l’occurrence le monde) car les pointes des étoiles ne se touchant pas, le cercle reste ouvert.
Le nombre de 12 étoiles renvoie à la perfection et à la plénitude. Ce nombre est symbolique dans de nombreuses traditions où il représente la complétude. On peut ainsi penser aux douze mois de l’année, aux douze chiffres sur le cadran d’une montre représentant les douze heures du jour et de la nuit, aux douze tribus d’Israël, aux douze apôtres, aux douze signes du zodiaque… Le nombre d’étoiles n’est donc pas lié au nombre d’Etat membres et le drapeau ne change pas avec les élargissements de l’Union européenne, ce qui constitue un gage de reconnaissance par tous les Etats-membres.
Le symbole d’une unité retrouvée et … à conserver
Le drapeau européen symbolise ainsi l’unité et la Paix entre les peuples d’Europe. Et c’est d’abord parce qu’il symbolise cette unité qu’il est impossible d’accepter son retrait du traité modificatif qui devrait remplacer le Traité instituant une Constitution pour l’Europe qui, lui, faisait pourtant bien référence aux symboles européens. Heureusement, le fait que les symboles de l’Union ne soient pas mentionnés dans le Traité modificatif ne signifie pas pour autant leur disparition et ne changera rien en pratique puisque le Traité constitutionnel ne créait pas ces symboles mais leur donnait « uniquement » un rang constitutionnel.
En effet suite à une initiative d’abord prise en 1979 par le Parlement européen qui siégeait alors dans des bâtiments du Conseil de l’Europe à Strasbourg où flottait déjà le drapeau européen, le Conseil des Ministres des Communautés européennes adopta en juin 1985 le drapeau bleu aux douze étoiles à cinq branches disposées en cercle comme emblème officiel des Communautés. Depuis le début de l’année 1986, le drapeau sert de symbole à toutes les institutions européennes et est utilisé aujourd’hui pour faire référence à l’Union européenne.
Rappelons aux Chefs d’Etat qui ont souhaité retirer les symboles du Traité modificatif les paroles de Vaclav Havel en 1990 à Strasbourg : « Pour moi les douze étoiles de votre emblème signifient que l’on pourrait vivre mieux sur terre si l’on osait de temps en temps lever les yeux vers les étoiles ». Peut-être que si les chefs d’Etat européens levaient davantage les yeux vers le drapeau européen, ils réaliseraient sa force symbolique et l’importance de l’aventure européenne, synonyme de réunification d’un continent longtemps déchiré par les guerres…
Un drapeau, une identification, une citoyenneté européenne
Le drapeau européen constitue, de plus, un élément indiscutable de la citoyenneté européenne. En effet la quasi-totalité des citoyens européens le connaissent (95 % selon l’Eurobaromètre 67 du printemps 2007) et estiment qu’ils représentent quelque chose de bien (78 % des sondés).
Parce que les symboles ont toute leur importance dans notre société qui est avant tout une société de l’image, parce que le drapeau européen constitue un élément d’identification à l’Union européenne, parce qu’il contribue à établir cette « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens », le drapeau européen devrait être utilisé le plus possible.
Il est ainsi indispensable que tout projet qui bénéficie de financement européen arbore le drapeau étoilé. C’est non seulement une obligation de communication quant à l’origine des subventions mais c’est aussi le moyen de rendre les citoyens européens conscients de l’action de l’Union et de leur appartenance à la grande famille européenne.
Nous sommes citoyens français, allemand, portugais, italiens … ET citoyens européens et « Il n’y a pas de contradiction entre l’amour de nos patries et l’esprit européen » pour reprendre les termes de Monsieur Barroso le 14 juillet dernier. Arborons alors le drapeau européen comme nous arborons nos drapeaux nationaux.
On peut ainsi saluer l’initiative de Monsieur Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, qui a hissé lui-même au dessus du Quai d’Orsay et de façon définitive le drapeau européen au coté du drapeau français le 13 juillet dernier. Et nous ne pouvons que nous associer aux 65 % de Français qui jugent que le drapeau européen « devrait se trouver sur tous les bâtiments publics de France » selon l’Eurobaromètre 67 du printemps. Monsieur Jouyet a laissé sous-entendre que d’autres Ministères pourraient bientôt suivre son exemple. Espérons également qu’il puisse en être de même pour tous les bâtiments où flotte un drapeau français : mairies, préfectures, monuments aux morts, etc… tous devraient bénéficier d’un double pavoisement. La France devrait suivre l’exemple de nombreux pays européens, tels que le Portugal ou l’Irlande, qui associent quasiment toujours, le drapeau européen à leur drapeau national.
Il serait également souhaitable que le drapeau européen flotte lors des compétitions sportives continentales. Rêvons même d’un double pavoisement lors de la montée des drapeaux qui accompagnent les podiums dans toutes les compétitions internationales ou lors du défilé des délégations nationales et ceci dès les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Les Européens devraient être fiers d’arborer ce drapeau, symbole de paix et d’unité de leur continent.






