
La fédération européenne est la meilleure garantie pour une Europe démocratique et efficace qui est proche de ses citoyens.
Les réformes à venir de l’Union européenne devraient conduire à une véritable fédération européenne qui impliquerait les caractéristiques suivantes :
Des Institutions démocratiques
Afin de respecter la séparation des pouvoirs qui est un des principes du fédéralisme, les institutions de la fédération européenne doivent être organisées ainsi : le Parlement européen, le Conseil, le Gouvernement et la Cour.
Le Parlement représente les citoyens de la fédération alors que le Conseil représente les intérêts des états membres, et, là où c’est nécessaire, ceux des régions avec un pouvoir législatif. Ils devraient à la fois détenir le pouvoir législatif de la fédération et être responsable pour toutes les procédures législatives, aussi bien que pour le contrôle du budget de la fédération européenne.
Le Parlement devrait élire le président du gouvernement. Les partis devraient proposer leur candidat pour ce poste avant les élections du Parlement. Au moins dix pour cent des membres du Parlement devrait être élu sur des listes européennes. Le Parlement, le Conseil et le Gouvernement devraient avoir le droit d’initiative en matière législative.
Le Conseil devrait agir seulement comme un corps législatif, abandonnant toutes ses fonctions exécutives actuelles au Gouvernement. Afin de représenter la diversité des états membres, il devrait y avoir une forme de présidence tournante. Les décisions prises en Conseil devraient être préparées par des Conseils sectoriels. Ceux-ci sont composés des ministres sectoriels respectifs des états membres ou des représentants des gouvernements régionaux conformément aux règles nationales. Les décisions devraient être prises à la double majorité, signifiant la majorité des états et la majorité de la population. Toutes les réunions du Conseil devraient être ouvertes au public et toutes les documents devraient être disponibles publiquement. La majorité qualifiée devrait seulement s’appliquer aux révisions de la Constitution et au niveau des ressources propres.
Le Gouvernement doit définir l’intérêt général de la fédération européenne et assurer la mise en œuvre de ses politiques. Le Président du Gouvernement, élu par la Parlement et soumis à l’approbation du Conseil, doit choisir les membres du Gouvernement sur base de leurs compétences, sans tenir compte de leur nationalité. Le Gouvernement en son entier doit être approuvé par le Parlement et est responsable à la fois devant le Parlement et le Conseil.
La division des compétences
La division des compétences entre les différents niveaux de prise de décision est une question majeure pour la fédération européenne afin que les citoyens sachent ce qui tombe sous la juridiction locale, régionale, nationale ou européenne. La distribution des compétences doit suivre le principe de subsidiarité. Selon ce principe, seules les questions d’intérêt authentiquement européen devraient être traitées au niveau européen. Nous croyons qu’une Constitution fédérale devrait comporter les 3 catégories de compétences suivantes :
1. Exclusivement européennes
2. Les compétences partagées entre la Fédération et les états membres, pour lesquelles la Fédération est responsable pour une certaine réglementation-cadre et les états membres sont en charge de la formulation des réglementations détaillées
3. Les compétences complémentaires, pour lesquelles les institutions fédérales se limiteront à soutenir et compléter les politiques nationales.
Les entités fédérées
Les autorités nationales, régionales et locales sont un niveau constitutif de la Fédération. Celle-ci doit respecter toutes les autorités nationales, régionales et locales existantes et leur donner les possibilités appropriées de participer aux affaires fédérales. Dans ce contexte, le rôle des parlements locaux, régionaux et nationaux doit être renforcés pour assurer une meilleure mise en œuvre d’un principe de subsidiarité. Par conséquent, les autorités nationales, régionales et locales doivent être impliquées dans le processus législatif, particulièrement quand il s’agit de débattre de la division des compétences entre les différents niveaux.
Fonctionnement
Des procédures simples doivent s’appliquer au processus de décision européen : un projet de loi doit uniquement devenir une loi si à la fois le Parlement et le Conseil sont d’accord sur le texte proposé. Toutes les procédures législatives devraient être systématiquement ouvertes au public, y compris les comités et les groupes de travail. De plus, le nombre d’instruments législatifs doivent rester aussi limité que possible :
1. La loi fédérale doit être contraignante pour toutes les institutions européennes, les institutions nationales et les citoyens européens, sans incorporation dans la loi nationale ;
2. La loi-cadre fédérale devrait être un cadre contraignant dans lequel les états membres ont une certaine liberté pour adopter des lois nationales ;
3. Les règlements sont des règles de mises en oeuvre pour les lois et les lois-cadres. Ils devraient être destinés aux états membres et aux citoyens européens et doivent être promulgués sous la seule responsabilité du gouvernement européen.
La coopération renforcée
Pour maintenir l’intégrité de la fédération, des dispositions doivent être prévues pour les états-membres qui souhaitent mettre en commun leur souveraineté dans des domaines où d’autres peuvent ne pas souhaiter être impliqués. Cette coopération renforcée serait nécessairement « ouverte », dans le sens où tout état membre souhaitant être impliqué dans un tel processus se verrait accorder le droit automatique de le faire. La JEF rejette catégoriquement la notion de noyau fédéral fermé ou quelque forme de coopération qui exclurait des Etats membres souhaitant y prendre part. La JEF croit que la mise en commun exclusive de souveraineté en dehors de l’acquis conduirait à la division et serait contraire à l’esprit de la Fédération.
Les ressources financières
Le financement de la fédération européenne devrait être basé sur un ordre fiscal fédéral, c’est-à-dire que les compétences dans certains domaines d’imposition et du budget devraient être au niveau fédéral européen. C’est important non seulement parce que le niveau européen dans certains cas peut lever des impôts plus efficacement mais aussi parce que le niveau fédéral a besoin d’une autonomie financière et ne devrait pas être dépendant des contributions des Etats membres.
Le financement de la Fédération devrait être basé sur les principes suivants :
Subsidiarité : la Fédération devrait uniquement financer ce qu’elle peut financer plus efficacement. Démocratie : le Parlement en tant que représentation des citoyens devrait avoir la responsabilité de gérer l’argent des contribuables. Solidarité : les citoyens et les Etats membres devraient contribuer en fonction de leurs capacités et les fonds devraient être dépensés de manière à ce que tous les citoyens soient assurés d’obtenir leur part équitable d’opportunités en Europe. Durabilité : maintenir un budget équilibré devrait être un objectif pour éviter de créer une dette fardeau pour les générations futures. Responsabilité : le Parlement, responsable devant l’électorat, devrait être le premier responsable pour la prise de décision budgétaire.
Transparence : le budget devrait avoir une structure transparente et le public devrait avoir le droit de savoir qui reçoit combien de financement.
Une nouvelle méthode constitutionnelle
Le modèle des conférences diplomatiques secrètes avec des décisions prises à l’unanimité doit être considéré à juste titre comme inefficace et non acceptable. Nous accueillons la méthode conventionnelle comme la méthode la plus démocratique et ouverte imaginée jusqu’à maintenant. La première Convention doit néanmoins être critiquée car elle était basée sur le consensus, qui assimile l’unanimité et sa nature bloquante. Dans une fédération européenne, une Convention constitutionnelle décidant à la majorité devrait être convoquée pour amender la Constitution.
Les changements constitutionnels majeurs devraient être soumis au peuple par un référendum pan européen, organisé selon les lignes suivantes : le format de ce référendum pan-européen requerra une majorité spéciale à la fois des états et de la population de l’Europe dans son ensemble pour adopter le résultat. Le référendum se tiendrait le même jour sur la même question dans toute l’Europe. Tous les pays ayant accepté la Constitution devraient alors agir sans tenir compte des réserves des pays qui n’ont pas encore ratifié la Constitution.
Citoyenneté et identité européenne
Une fédération européenne devrait être basée sur un concept inclusif de la citoyenneté européenne. Celui-ci devrait inclure les libertés et les droits fondamentaux garantis de manière égale à tous les citoyens de la Fédération.
La fédération européenne tire sa légitimité des croyances et des valeurs partagées formant l’identité européenne. Une telle identité ne devrait pas être fermée et devrait refléter la vision d’une Europe unie dans sa diversité. De même, une telle identité devrait refléter les valeurs implicites au fédéralisme : la règle de droit, le respect des droits de l’homme et la démocratie.
Le droit basique de la fédération devrait ainsi respecter à la fois les notions de citoyenneté et d’identité. La Constitution peut donc uniquement exister si elle est pleinement supportée par tous les citoyens européens.
La vie politique et la participation
Un des moyens de générer une plus grande légitimité pour une fédération européenne est de développer la vie politique européenne. C’est pourquoi la JEF croit que le développement d’un véritable système européen de partis politiques, de vraies élections européennes et des outils participatifs sont essentiels.
L’introduction d’une véritable démocratie de parti en Europe (incluant des programmes politiques paneuropéens et des candidats aux élections en tant que représentants de ces partis politiques) rendra la vie politique européenne plus ouverte et intégrée, ainsi que sujette à davantage de transparence et au contrôle du public.
De tels partis politiques européens devraient être candidats aux élections européennes, en présentant leurs visions et leurs propositions pour les questions européennes et proposant leurs candidats pour la présidence du futur gouvernement européen.
Les frontières de l’Europe
Les Jeunes Européens Fédéralistes voient l’Europe, et l’Union européenne, comme une communauté politique, basée non pas essentiellement sur une religion et une culture partagées mais sur les valeurs partagées de démocratie, de respect des droits de l’homme et de coopération économique pacifique. L’Union européenne devrait être ouverte aux pays dont les citoyens se considèrent eux-mêmes Européens et partagent les objectifs politiques, les buts et les aspirations de l’Union. Nous rejetons l’idée qu’il existe une seule base culturelle, ethnique ou religieuse pour être membre de l’Union européenne et nous refusons la notion selon laquelle la qualité de membre de l’Union européenne pourrait être accordée à un pays pour des raisons stratégiques, sans que le pays soit soumis aux mêmes critères que les autres candidats.
Nous croyons que les états qui sont membres du Conseil de l’Europe ont fait une déclaration claire de leur identité européenne. C’est pourquoi ces pays pourraient être considérés comme de possibles futurs membres d’une vraie fédération paneuropéenne. La JEF soutient la demande d’adhésion d’un pays européen qui partage les aspirations de l’Union européenne et souscrit à ses valeurs telles que présentées dans les critères de Copenhague : la démocratie et la règle de droit, le respect des droits de l’homme et des minorités et une économie de marché fonctionnant.
La fédération européenne et le monde
…la fédération européenne doit se voir accorder des pleins pouvoirs en matière d’affaires étrangères, de sécurité et de défense
Dans le domaine des compétences, une attention particulière devrait être accordée à la politique étrangère. Jusqu’à maintenant, face à de nombreux défis internationaux, l’Union européenne a montré des divisions. C’est pourquoi la fédération européenne doit se voir accorder des pleins pouvoirs en matière d’affaires étrangères, de sécurité et de défense par l’établissement d’une véritable politique étrangère unique (et non juste commune) de sécurité et de défense. La PESD devrait être fondée sur les valeurs démocratiques et humanistes de la Fédération. De même elle devrait chercher à promouvoir ces valeurs au travers le monde.
La Fédération devrait utiliser les moyens préventifs sociaux, économiques et politiques pour contribuer à prévenir ou à trouver des solutions aux conflits, sans tenir compte de leur origine. Toutes les décisions législatives dans le domaine de la PESD doivent être prises par le Parlement et le Conseil. Elles doivent être soumises au contrôle de la Cour.
L’utilisation d’une future armée européenne doit être soumise à la majorité des deux tiers au Parlement et au Conseil ; des opting-out nationaux doivent être autorisés quand l’armée est utilisée. La Fédération européenne doit parler d’une seule voix unie dans toutes les organisations internationales, remplaçant les sièges actuels des Etats-membres.
Le Fédéralisme mondial
La création d’un gouvernement de niveau régional (comme en Europe) est le véhicule indispensable pour rendre plus efficace, plus juste et plus démocratique, le fonctionnement de toutes les organisations internationales. La Fédération européenne ouvrira la voie à la formation d’un nouvel ordre mondial basé sur des groupements régionaux d’états et la réforme de la société internationale en établissant des institutions fédérales mondiales.
Les caractéristiques fédéralistes générales identifiées par la JEF s’applique à l’échelle mondiale aussi bien que pour atteindre les buts fédéralistes dans le monde.
Une structure mondiale fédérale est le seul moyen d’assurer la paix, la règle de droit et la démocratie dans le monde.





