
Le Taurillon : Quel bilan tirez-vous de ces deux ans durant lesquels vous avez présidé ce qui représente le premier réseau associatif français de jeunes engagés en faveur de l’Europe ?
Nicolas Jean : Ces deux dernières années ont été extrêmement riches en actualité européenne : Présidence Française du Conseil de l’UE en 2008 et élections européennes en 2009, sans oublier la ratification du Traité de Lisbonne et les nominations du Président du Conseil et du Haut représentant. Si je devais tirer un bilan, j’insisterais sur la place que doit avoir la société civile dans cette construction européenne, et les jeunes en particulier. A l’heure où les subventions publiques sont en chute libre, nous devons plus que jamais nous affirmer comme un maillon indispensable, un lien incontournable entre l’Europe et ses citoyens.
Le Taurillon : Des regrets ?
Nicolas Jean : Oui, et même si je suis très fier du bilan que nous avons présenté ! Il y a toujours des projets qu’on aurait voulu pouvoir monter, des idées qu’on aurait aimé pouvoir faire fructifier. Le désengagement de l’Etat concernant l’aide associative est aussi extrêmement inquiétant.
Le Taurillon : Qui est à l’origine du projet de réinstaurer une Maison de l’Europe à Bordeaux, plusieurs années après la disparition de l’établissement initial ?
Nicolas Jean : La Maison de l’Europe Bordeaux – Aquitaine est un des projets « sauvegardés » de la candidature de Bordeaux au titre de capitale européenne de la culture en 2013. Les associations européennes bordelaises, au premier rang desquelles les Jeunes Européens-Bordeaux, militaient depuis longtemps pour l’installation d’une Maison de l’Europe à Bordeaux. La Mairie de Bordeaux a monté un groupe de travail réunissant les personnes intéressées pour réfléchir aux statuts et aux missions d’une future Maison de l’Europe.
Aujourd’hui, quelques mois après la première réunion, la Maison de l’Europe Bordeaux – Aquitaine est créée, elle reçoit le soutien de la Mairie de la Bordeaux, du Conseil Régional d’Aquitaine et de la Communauté Urbaine de Bordeaux, mais aussi du PRES Université de Bordeaux et du tissu associatif et culturel européen. J’ai la chance et l’honneur de la présider. La Maison de l’Europe Bordeaux – Aquitaine est une association loi 1901, indépendante et autonome. Ce sera une Maison citoyenne et nous espérons susciter de nombreuses adhésions (10 euros, 5 euros pour les jeunes et les sans emploi, 3 euros pour les membres des autres associations membres).
Le Taurillon : Dans une ville où les associations pro-européennes ne manquent pas, quels seront l’esprit et les missions de la MEBA ?
Nicolas Jean : Le premier objectif est de faire une Maison de l’Europe ouverte et citoyenne, un lieu d’échange interculturel où chacun pourra venir s’informer sur l’Europe mais aussi découvrir d’autres cultures européennes. La MEBA ne sera pas qu’une vitrine, elle organisera de nombreuses activités (conférences, petits déjeuners, 9 mai, club Erasmus, etc.) et fédérera toutes les associations pro-européennes afin d’accroître la visibilité de l’Europe à Bordeaux et de développer les synergies. Il ne s’agira en aucune façon de faire « à la place de » mais bien de « faire avec ». Parallèlement à cela, nous essaierons à plus long terme, une fois que la structure sera suffisamment développée, de développer une aide au montage de projet européen, notamment pour le milieu culturel bordelais et aquitain.
Le Taurillon : « Bordeaux, ville ouverte » : que cela vous évoque-t-il ?
Nicolas Jean : Cela évoque pour moi l’ouverture vers l’extérieur, aux différentes cultures, à la découverte de l’autre, à la fois par l’accueil que l’on réserve aux personnes venant vivre à Bordeaux qu’ils viennent d’une autre ville française, européenne ou du monde, mais aussi par le rayonnement de notre propre culture et de nos valeurs. Bordeaux s’est énormément développée ces dernières années elle se doit de devenir une métropole européenne. Aujourd’hui Bordeaux compte énormément sur son expansion économique pour atteindre ce but, les valeurs citoyennes et la diversité culturelle seront la plus value qui fera de Bordeaux une grande métropole ouverte !
Le Taurillon : Avez-vous déjà des projets pour 2010 ?
Nicolas Jean : Bien sûr ! Le programme prévisionnel a été présenté lors de l’Assemblée Générale du lundi 30 novembre. Nos actions tourneront autour de deux grandes missions : d’une part, former et informer le grand public sur l’actualité et les problématiques européennes, d’autre part fédérer les associations européennes. Nous mettrons en place un certain nombre de rencontres avec le public autour de sujets très divers (multilinguisme, santé, vin, crise économique, etc.) et sous des formes diverses (cafés débats, conférences ou petits déjeuners).
Il s’agira surtout de faire vivre les cultures européennes à travers l’organisation de manifestations culturelles visant à faire découvrir les cultures des uns et des autres, ou encore par le développement d’un Club Erasmus et d’Ambassadeurs de Bordeaux. Pour plus de détails, je vous invite à vous rendre sur notre site qui sera en ligne mi décembre : www.europe-bordeaux.eu



