
Vers 11h, le Ministre John Gormley a ordonné l’organisation d’un référendum pour voter pour ou contre le traité de Lisbonne le 12 juin. La législation irlandaise prévoit qu’une ordonnance doit être prise entre 30 et 90 jours avant la date du référendum.
Une campagne « créative »
Les affiches ont été collées lundi matin pendant l’heure de pointe – les unes plus créatives que les autres. Les partisans du « Oui » insistent sur leurs affiches qu’un vote positif serait « bien pour l’Irlande » et « bien pour l’Europe ». Ceux du « Non » ont pris plusieurs directions. Sur une des affiches des partisans du « Non » figurent trois chimpanzés qui représentent une Union européenne (UE) qui « ne vous verra pas, ne vous écoutera pas et ne parlera pas pour vous ». Une autre affiche du « Non » a créé des controverses, car elle montre sur le fond la Proclamation Irlandaise et explique que « des gens sont morts pour ta Liberté, ne la rejette pas ».
Coír, un groupuscule marqué très à droite, opposé à l’avortement et lié à des organisations religieuses, a confirmé qu’il était l’auteur de ces deux affiches du « Non ». Ce groupuscule était aussi l’auteur de l’affiche « Bonjour le divorce – au revoir papa » pendant le référendum de 1996 sur la légalisation du divorce en Irlande. Coír peut paraître inoffensif, relativement peu présent dans cette campagne et amusant dans une Irlande moderne au premier abord. Néanmoins, la présence de ce groupe démontre les effets négatifs que peut produire cette campagne, toutes les revendications vont utiliser la marge de manœuvre en Irlande qu’offre le référendum ; et peu importe si les revendications sont en lien avec des enjeux nationaux ou européens.
La semaine dernière, les campagnes ont été lancées et re-lancées ; surtout pour des acteurs comme le Sinn Fein pour qui c’est un art d’enchainer les conférences de presse les unes après autre. Le principal parti du Gouvernement, Fianna Fail, a lancé la campagne tant attendue lundi 12 mai. Le nouveau Taoiseach (le premier ministre irlandais) Brian Cowen a réaffirmé son soutien et sa confiance au traité devant son parti. Tel un professeur des écoles, il a promis d’exclure tout rebelle qui ne s’alignera pas sur la position commune du parti sur le Traité de Lisbonne.
Optimisme dans les sondages
Brian Cowen n’aurait pas pu imaginer une meilleure date pour lancer la campagne de Fianna Fail compte tenu des sondages optimistes du dimanche 11 mai. Ces sondages montrent que 38% des irlandais auraient voté « Oui », 28% sont pour le « Non » et 34% restent indécis. C’est un progrès, car lors de dernier sondage la différence entre le « Oui » et le « Non » était de seulement 4 %.
Une semaine plus tard, le journal Irish Times a réalisé un nouveau sondage qui était encore plus optimiste, car selon lui 35% auraient voté « Oui », alors que seulement 18% auraient voté « Non ». Cependant, l’indécision reste toujours élevé. Malgré la diminution du taux du nombre d’indécis, qui était de 62% au mois de janvier, il y a toujours beaucoup d’électeurs qui se demandent si le Traité de Lisbonne est « bien pour l’Irlande » ou « pas ».
il y a toujours beaucoup d’électeurs qui se demandent si le Traité de Lisbonne est « bien pour l’Irlande » ou « pas »
Les deux derniers sondages montrent qu’il grand temps pour la Commission du Référendum de lancer sa campagne d’information. Les commentateurs et les acteurs politiques ont attendu que la Commission commence son travail pour détruire certains mythes de la campagne du Non et combattre la possibilité que des gens votent « Non » parce qu’ils étaient mal informés.
La démocratie, ce n’est pas de l’assistanat, mais un engagement. Jamais les Irlandais n’avaient autant d’information sur le référendum que maintenant, jamais les Irlandais n’avaient une telle chance de débattre et de s’engager pour l’intégration européenne. Il n’y a donc pas de surprise à ce que la Commission pour le Référendum ait tiré les mêmes conclusions sur le traité de Lisbonne que les partisans du « Oui », chose critiquée par les partisans du « Non » qui tentent de remettre en cause l’objectivité de la Commission pour le Référendum.
Conclusion
La conclusion principale qui s’impose après une semaine de campagne officielle est la même qu’avant : il n’y a pas de place pour la suffisance. Aucun des 2 derniers sondages n’a été aussi optimiste que celui réalisé avant le premier référendum sur le Traité de Nice en 2001, selon lequel 52% des électeurs avaient l’intention de voter « Oui ».
Le résultat du référendum est totalement dépendant du vote de 12 juin. Peut-être, des sondages plus modestes vont réveiller les votants pour le « Oui » au moment où tous les regards seront tournés vers l’Irlande.








