
Le Taurillon : Vous faites parti de JEF Europe, personnellement vous sentez-vous déja Européen ?
Ferhat Yılmaz : Je suis citoyen d’un pays, issu de l’Empire Ottoman qui était définitivement tourné vers L’Europe. Quelques unes de nos lois ont été inspirées de la législation Suisse et Française. Kemal Atatürk, le fondateur du République de Turquie, a changé notre alphabet de l’arabe au latin. En fait, notre pays est construit avec un modèle Européen par Atatürk. Et maintenant, la Turquie est membre du Conseil de l’Europe, et un pays candidat et négociant pour UE.
Ces 10 dernières années, mon équipe favorite a gagné la « European Super Cup » contre le Real Madrid ; notre équipe nationale a perdu contre l’Allemagne en demi-finale de l’« Euro2008 ». Sertab Erener a gagné l’ »Eurovision », et la ville ou j’habite sera l’une des Capitales Européennes de la Culture en 2010. N’importe ou dans le monde, au Brésil, en Iran, au Sénégal ou en Australie, les Turcs sont considérés comme les Européens, sauf en Europe.
Donc, peu importe comment je me sens, je suis toujours Turc, ce qui n’est pas considéré comme Européen par les Européens qui vont voter pour des hommes politiques qui continueront les négociations avec la Turquie.
Le Taurillon : Que faites-vous pour promouvoir l’adhésion de la Turquie a L’UE ?
Ferhat Yılmaz : La société Turque n’est pas encore consciente de ce que signifie « Union Européenne ». Nous essayons d’éveiller les mentalités sur ce sujet et d’expliquer les avantages et inconvénients a devenir membre de l’UE. Nous voulons enseigner les valeurs et les cultures Européennes, et essayons d’implanter des bons modèles Européens en Turquie.
Nous organisons des « Café-Polyglottes » pour créer une interaction via différentes langues. Et les « Erasmus Parties » sont aussi un bon moyen de rencontrer des Européens et de savoir ce qu’ils pensent de la Turquie. Notre dernier projet en date « Activating Youth in ECC » réunissait des jeunes d’Istanbul, Vilnius, Pécs et Essen dans le programme de « Capitale Européenne de la Culture ». De cette alliance sont nés 5 autre projets culturels, qui seront un bon moyen pour présenter la Turquie a l’Europe et une bonne occasion pour apprendre différentes cultures Européennes. Actuellement, nous travaillons sur le projet intitulé « Europe with Lokum » ; nous allons dans les lycées pour éveiller les jeunes sur l’UE.
« Easy-Visa » ou nous essayons d’expliquer aux Consuls des Etats Schengen le programme « Jeunes en Action » pour faciliter l’obtention des visas pour les étudiants, et les ONG. (besoin l’aide de JEF-Europe)
Pour finir, « Democracy Village » le premier séminaire international de JEF Turquie, à Istanbul, qui accueillera d’autres JEFers européens, une bonne occasion pour eux de rencontrer des hommes politiques Turcs, des citoyens, des jeunes et bien sur d’autres JEFers. Il me tarde d’être au printemps prochain.
Le Taurillon : Etudiants ? Jeunes travailleurs ?
Ferhat Yılmaz : Principalement des étudiants et des jeunes diplômés. Ces derniers deviennent vite très occupés quand ils trouvent leur premier travail.
Le Taurillon : En France, l’adhésion de la Turquie à l’UE suscite une grande polémique. Comment les Turcs ressentent ce débat
Ferhat Yılmaz : Les Turcs sont lassés de ce genre de débat. La Turquie a déjà commencé les négociations avec l’UE, et partout, en France, les gens se demandent toujours si la Turquie fait partie de l’Europe ou pas.
J’étais en France pendant l’élection présidentielle de 2007 et je suivais de près les discours des différents candidats. Tous les soirs, sur TF1, quand j’écoutai Nicolas Sarkozy, je me sentais touché par sa vision de la Turquie. Je suis venu en France, dans le cadre du Service Volontaire Européen, mais j’ai appris par N. Sarkozy que je n’étais pas Européen en fait. Voila, bon, Merci Sarkozy.
La France est l’un des 5 pays a être contre la Turquie dans L’UE. Mais il reste encore 22 pays, qui sont pour !! Mais ce qui me déçoit, c’est que je suis au courant de ce fait, mais mes concitoyens ne le savent pas. La France est un pays important pour nous, et elle a joué un grand rôle pendant les négociations entre la Turquie et l’UE. Les entreprises françaises y sont les plus nombreuses parmi les sociétés étrangères en Turquie. De plus, ces 2 pays entretiennent une forte connexion depuis des siècles.
Nous espérons que les Français vont cesser de se poser la question « La Turquie, c’est l’Europe ou pas ? » et qu’ils ne vont pas s’arrêter sur les différences culturelles. Les Français savent-ils que la Turquie est la 6eme puissance économique de L’Europe, 15eme du Monde et la 2eme plus grande armée de l’OTAN ?
Pour une « Europe Unie » je pense que nous avons autant besoin du Kebab Turc que du fromage Français !!!






