
Le sénateur de l’Illinois n’a pas seulement inspiré des millions d’Américains, mais il reçoit également un énorme soutien en Europe. Comment expliquer un tel enthousiasme pour Obama et le fort intérêt suscité par les élections de novembre 2008 en Europe ?
Le changement attendu par les Européens
Le message « Change » [2] d’Obama semble avoir eu un écho et correspondu aux attentes des deux côtés de l’Atlantique. Les Européens ont un désir du changement : changement des relations transatlantiques, changement de la politique extérieure américaine, changement de l’administration Bush, tout simplement. Les critiques concernant le leadership américain des huit dernières années formulées par le candidat démocrate présentent de fortes similitudes avec le discours et les attentes des dirigeants européens.
Mettre fin à la guerre en Irak, qui déclencha la grande vague d’antiaméricanisme en Europe, ne plus agir unilatéralement mais via l’Organisation des Nations Unies, sauf dans le cas d’auto-défense, coopérer avec une Europe qui se veut forte et unifiée…Bref, Obama propose un modèle de relations à l’opposé de celui du président Bush qui a divisé les Etats européens en deux camps avec son slogan « with us or against us » : avec nous, ou contre nous.
Une véritable conscience écologique
En fin de compte, Obama se présente comme un président qui entend se rapprocher des Européens sur les grandes thématiques de la gouvernance mondiale, à commencer par la lutte contre les changements climatiques. Le candidat démocrate prends en effet pour modèle ces Etats européens qui font figure de pionniers en la matière, comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Finlande ; des Etats qui sont résolument tournés vers les énergies renouvelables.
Plus généralement, sur ce thème de l’environnement, Barack Obama rejoint ce que l’on pourrait appeler l’« European way of life » [3] en développant une véritable conscience écologique chez les Américains. Cependant, la plupart des Européens sont très peu informés sur les projets politiques d’Obama.
Un outsider à l’establishment de Washington
Ce qui rend les rend si enthousiastes c’est en particulier qu’Obama représente aussi un changement de la scène politique américaine. Jeune et très peu connu aux Etats-Unis même, jusqu’au discours qu’il prononça en 2004, pendant la campagne présidentielle de John Kerry à l’occasion de la Convention démocrate, et encore moins en Europe jusqu’au début de cette année, Obama est un outsider parfait face à l’establishment de Washington : il n’aurait lui-même jamais envisagé de prétendre au poste le plus puissant du monde jusqu’à il y a seulement deux ans.
L’image de ce noir charismatique, issu d’une famille modeste, devenant président des Etats-Unis, change profondément la perception de l’Amérique dans le monde. D’un coup, le rêve américain semble ressurgir et la soft power se rétablir.





