
L’enseignement des langues vivantes en France souffre de plusieurs pressions contradictoires
• La conscience du besoin de parler des langues étrangères est contrecarrée par un ressentiment à l’encontre de la langue anglaise, perçue comme hégémonique. Ce rejet est omniprésent dans les médias. Il est à souligner que la grande majorité des films étrangers, qui ce soit au cinéma ou à la télévision, même sur des chaînes comme Arte, sont doublés. A part la musique, les jeunes français sont peu exposés à l’anglais authentique. Ce rejet général influe certainement sur les attitudes des élèves.
• La volonté d’employer des méthodes communicatives et orales est freinée par l’importance donnée aux notes dans le système éducatif français.
• L’importance donnée à la grammaire, et la complexité des analyses, n’aident pas à l’expression spontanée, pourtant recherchée selon les textes officiels du Ministère de l’Education nationale. Les manuels d’anglais utilisés dans les écoles reflètent ces contradictions.
• Le recrutement des enseignants par concours était longtemps réservé aux Français, avec pour effet une conception très intellectualisée de l’enseignement des langues étrangères, et un rétrécissement des milieux parmi lesquels les professeurs étaient recrutés. Pour schématiser : les profs recrutés par concours enseignent des programmes conçus pour les élèves qui vont passer les concours.
La combinaison de tous ces facteurs se ressent lorsque les élèves arrivent à l’université, après, pour la plupart, sept ans d’anglais à l’école à raison de deux ou trois heures par semaine. Le niveau est assez disparate, allant de très bon à très faible, mais la grande masse souffre de quelques problèmes récurrents.
Le niveau est assez disparate, allant de très bon à très faible
• Certains (ce n’est pas la majorité) ne voient pas l’utilité d’apprendre l’anglais.
• Beaucoup se sentent découragés. On ne leur a pas appris à s’exprimer, mais à avoir peur de faire une faute. En conséquence, ils ont très peu de confiance en eux, et n’osent pas prendre la parole.
• Leur vocabulaire est souvent très limité.
• Beaucoup confondent connaissance de règles de grammaire et capacité à parler (ou de comprendre) une langue.
• Leur connaissance de la langue quotidienne utilisée par les anglophones dans des contextes sociaux est quasiment nulle. Les formules inappropriées employées par les Français en anglais, ajoutées aux intonations perçues par les anglophones comme « froides » (car trop monotones) ont pour résultat de faire apparaître les Français comme mal polis et peu amicaux.
• Du fait de leur peu d’exposition à la langue parlée, ils éprouvent beaucoup de difficultés de compréhension.
• En rédaction, ils sont souvent difficiles à comprendre, car des gallicismes appris à l’école n’ont que trop rarement été corrigés, et sont devenus des habitudes.




